Pour “Salut les terriens”, son émission sur Canal +, l’animateur contrôle tout : l’organisation, le montage, et même le public.
Jeudi 7 décembre 2010, 18 heures. Aux studios de la Française des Jeux, à Boulogne Billancourt en région parisienne, Thierry Ardisson tourne le premier numéro de l’année de “Salut les terriens”, son émission phare. Pour la reprise d’après-fêtes, l’animateur reçoit Roland Dumas, ancien ministre des affaires étrangères, Jean-François Copé, chef de la majorité UMP, Michel Cymes, médecin et présentateur sur France 5, et Dalila, jeune musulmane de 17 ans qui porte la burqa.
“Je vais vous placer en fonction de votre couleur (de vêtements). Il y aura deux publics, un qui sera filmé et que Thierry veut ‘en feu’ et l’autre qui restera hors champs”, annonce une jeune femme, chargée d’accueillir les personnes venues assister à l’enregistrement de l’émission. Un homme d’une trentaine d’année fait alors son entrée et explique aux publics le déroulement de l’émission : “Je compte sur vous pour faire du bruit, pour rire, pour applaudir…Il faut faire plaisir à Thierry, il est toujours nerveux avant d’enregistrer.” Après avoir lancé quelques blagues, l’homme se dirige vers la partie cachée du public, “celle qui lance tout: rires, applaudissements, réactions…”
“J’ai ici les fiches de Thierry, avec ce qu’il va dire, à la lettre près. Il m’a fait de petites annotations, pour désigner les moments où il veut que le public rigole. Je vous préviendrai donc quelques secondes avant, pour que vous rigoliez à temps,” explique-t-il. Le public joue le jeu, et commence par enregistrer des rires et des applaudissements qui seront intégrés au montage final, aux moments où il en manque. Quand Thierry Ardisson plaisante sur la burqa, face à Dalila, les rires ont du mal à se faire entendre. A l’écran, ce sera pourtant un public riant à tout rompre que les téléspectateurs entendront.
Si les interventions de Roland Dumas et Michel Cymes ont subi d’importantes coupures au montage, le débat entre Dalila et Jean-François Copé sur le port de la burqa, a quant à lui été restitué intégralement lors de la diffusion. Bien que le public ait réagi plus que positivement à la chronique à succès de Stéphane Guillon, Thierry Ardisson prévient : “Le débat sur la burqa était excellent, on garde tout, même s’il faut virer Guillon au montage.” Un regard approbateur venant des coulisses, l’animateur affiche un sourire de satisfaction.
L’enregistrement touche presque à sa fin quand un homme annonce à l’animateur qu’il faut retourner certains passages, les “re-takes” dans le jargon. “J’espère qu’il n’y en pas beaucoup, je veux partir tôt,” s’exclame Thierry Ardisson. Des assistantes de production entrent sur le plateau et prennent les places occupées plus tôt par les invités. Elles servent de repères à Thierry Ardisson, pour regarder au bon endroit en fonction de la séquence à reprendre. Les caméras tournent, et le présentateur ré-enregistre les moments où il a buté, bafouillé, et même ceux où il s’est trompé. En début d’enregistrement, en s’adressant à Roland Dumas, Thierry Ardisson lui avait dit “vous avez été nommé ministre des affaires étrangères en 1988”. L’invité avait réagi pour corriger l’erreur de date : “Non pas du tout, c’était en 1983.” Au final, c’est un Thierry Ardisson très bien informé qui apparaît à l’écran, en face d’un Roland Dumas hochant la tête pour valider les dires du présentateur.
Une fois l’enregistrement terminé, Thierry Ardisson, visiblement satisfait des deux heures et demi de tournage, goûte une dernière fois aux applaudissements du public. D’un geste de la main, il salue les personnes présentes, et disparaît en coulisses. Le patron est parti…Salut les terriens !
Pour visionner l’émission du samedi 9 janvier, c’est par ICI
